Newsletter : L'innovation en religion

Qu’est-ce que la Bid‘a ?

L’innovation en religion : portée et signification

Ecrit par un des plus grands savants du XXe siècle, Qu’est-ce que la Bid‘a ? est un ouvrage qui vient rétablir la vérité sur une notion particulièrement incomprise aujourd’hui.

Couverture du livre

Peu de mots tirés des sciences traditionnelles de l’Islam ont été aussi galvaudés que le terme bid‘a  (l’innovation en religion). Utilisé à tort et à travers ce terme devenu fourre-tout sert aujourd’hui à discréditer des pratiques religieuses souvent pluriséculaires. Devant tant de polémiques et de confusions, il était nécessaire qu’une mise au point érudite et profonde soit disponible en français. C’est désormais le cas grâce à la traduction aux éditions Ennour du livre de ‘Abd Allâh al-Ghumârî : Qu’est-ce que la Bid‘a ? .

Comme le rappelle Corentin Pabiot, traducteur du livre, le Cheikh ‘Abd Allâh Ibn al-Siddîq al-Ghumârî reste peu connu du public francophone. Il fut pourtant une des plus grandes autorités intellectuelles de l’Islam au XXe siècle. Né et mort à Tanger (1910-1993) il est issu d’une grande famille de lettrés marocains, particulièrement versés dans les sciences du hadith et du fiqh. Son père, le Cheikh Muhammad Ibn al-Siddîq, fut lui-même un des plus grands savants du Hadith au XIXe siècle. Ce dernier eut six fils qui furent tous des figures saillantes des sciences islamiques, en particulier ‘Abd Allâh, Ahmad et ‘Abd al-‘Azîz.
Après avoir étudié auprès de son père, ‘Abd Allâh parcourut le monde musulman en quête de sciences : diplômé de la Qarâwiyyîn de Fès, d’Al-Azhar en Égypte, il reçut les licences (ijâza) d’enseignement des plus grands maîtres, du Maroc jusqu’en Arabie. Il devint ensuite lui-même l’autorité auprès de laquelle de très nombreux savants vinrent puiser leur savoir.
 
Son livre Qu’est-ce que la Bid‘a ? est construit de manière à la fois savante et pédagogique. Après avoir rappelé les définitions et les portées lexicographiques, juridiques et épistémologiques du mot bid‘a, l’auteur consacre six autres chapitres à l’illustration de toutes les nuances de cette notion. Preuves scripturaires à l’appui, et en se fondant sur les autorités indiscutées de l’Islam (depuis le Coran jusqu’aux savants des 4 Écoles juridiques, en passant par le Prophète et ses Compagnons), le savant marocain rétablit les grands principes qui doivent gérer notre rapport à la bid‘a : celle-ci, comme tout action pratiquée, rentre ainsi dans une des cinq catégories fondamentales de la sharî‘a : l’interdit / le réprouvé / le permis / le recommandé / l’obligatoire. Le critère pour trancher sera donc le degré de conformité de cette bid‘a avec l’esprit du Coran et de la Sounna (chapitre 4).
L’auteur démonte magistralement la thèse de ceux qui considèrent que toute innovation est blâmable, éclairant les hadiths qui semblent aller dans ce sens. La plus grande partie de l’ouvrage (plus de 100 pages) est  ainsi consacrée aux bid‘a-s  pratiquées par les Compagnons et les premières générations (al-Salaf al-sâlih).
Enfin, un des grands mérites de cette étude est de rétablir avec clarté la licéité de pratiques aujourd’hui contestées, du fait que l’on ignore ce qu’est véritablement unebid‘a blâmable : faire précéder le nom du Prophète par la formule Sayyidina, édifier des tombeaux pour les pieux et prier dans les mosquées contenant des tombeaux, célébrer la naissance du Prophète (voir notre Newsletter sur le Mawlid), réciter le Coran pour les morts, etc.
 
L’ouvrage était une référence arabophone en la matière, il le sera désormais en langue française.

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