Asad, Muhammad

Asad, Muhammad

Muhammad Asad (né Leopold Weiss) descend d'une longue lignée de rabbins, sauf son père qui était avocat. Il reçut une solide éducation religieuse, et connaissait bien l'hébreu et avait des notions d'araméen. Il a étudié le Talmud et a creusé les complexités de l'exégèse biblique, le Targoum.

Il amorce une carrière de journaliste, travaillant au principal quotidien de langue allemande de l'époque, le Frankfurter Zeitung.

En 1922 se produit un grand tournant dans sa vie. Invité par un oncle vivant en Palestine, il arrive à Jérusalem et y découvre le monde arabe. Fasciné par cette nouvelle culture, il se convertit à l'islam en 1926. Il a longuement voyagé dans les pays à majorité musulmane. Il a été le témoin privilégié des mouvements de libération au XXe siècle. Il a été proche du roi saoudien Abdel Aziz Ibn Saoud et ami du roi Fayçal d'Arabie saoudite.

Entre 1931 et 1939, il s'établit, avec sa famille, au nord de l'Inde, alors sous contrôle britannique. Sur place, il collabore, avec Muhammad Iqbal, à la formation du Pakistan. Il en est le premier ambassadeur à l'Organisation des Nations unies (ONU). À la fin de sa vie, il a vécu en Espagne avec sa quatrième femme Paola Hameeda Asad jusqu'à sa mort en 1992.

Il a écrit plusieurs livres, le plus connu étant Le Chemin de la Mecque (1954), qui raconte ses voyages en Orient et sa conversion à l'islam. Son ouvrage principal est sans doute sa traduction du Coran d'arabe en anglais sous le titre The Message of the Qur'ān (1980). Il y a consacré la dernière partie de son existence, le dernier tiers, après avoir renoncé à son action politique. Son but était de faire connaître le Coran à l'Occident.